SECTION PS BOUCHAIN

Dialoguer, échanger, débattre par ce blog avec les socialistes de Bouchain sur des questions de société, sur l'actualité politique, sur le national et le local.

09 octobre 2005

Le discour du baptème du Drapeau de la section par Jean Paul Carsel

DISCOURS DU 9 OCTOBRE 2005

PRESENTATION DU DRAPEAU DE LA SECTION

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Chers amis, chers camarades,

Eric vient de vous entretenir de notre section et de son renouveau.

Les brillants orateurs qui s’adresseront ensuite à vous, vous parleront je le suppose du parti socialiste et de la situation de notre pays.

Il ne me reste dans ces conditions que peu de thèmes à aborder.

C’est pour cela que j’ai choisi d’évoquer devant vous le rêve que nous avons fait ensemble à la Section  du Parti Socialiste de Bouchain.

Nous avons rêvé que chaque femme, que chaque homme de cette planète vive dans la dignité, en bonne santé et en toute sécurité, que chaque femme que chaque homme de cette planète mange à sa faim et boit à sa soif, Que chacun ait un toit pour abriter sa famille, que tous les enfants puisse recevoir l’instruction nécessaire pour ensuite participer comme nous nous efforçons de le faire, au bien être de l’humanité en laissant derrière lui une terre propre, un air pur, une eau saine.

Pour que ce rêve ne s’évanouisse pas, nous l’avons écrit.

C’est devenu le préambule de notre courte mais très ambitieuse contribution à la préparation du prochain congrès du parti.

( A ce propos, nous nous étonnons à la section de n’avoir pas encore été approché par les  ténors de notre parti pour participer à la rédaction d’une synthèse.)

Certes, ce rêve peut vous paraître un peu naïf et relever de l’utopie.

« Utopie ? interrogeait Jaurès avant de poursuivre « Il faut un grand rêve d’avenir »

Mais tout est tellement compliqué autour de nous que nous avons préféré reprendre depuis le début et entamer une feuille blanche pour écrire ce grand rêve d’avenir.

L’objectif est simple mais vous mesurez avec nous l’immensité de

la tâche. Il

représente pour nous un minimum car tant qu’un enfant n’aura pas son minimum vital, tant qu’un vieillard sera sans toit, nous ne serons pas satisfaits et nous poursuivrons notre travail.

La route sera longue et il fallait bien un drapeau pour nous redonner le cap et regonfler notre

enthousiasme dans les moments de doute toujours possibles.

J’entends les commentaires.

Pourquoi avoir fixé cet objectif au niveau de la planète ?

Ce n’est pas à quinze que nous allons faire tout ce travail.

Et ce n’est pas ce projet qui peut nous rendre l’espérance.

Je ne suis pas d’accord et je vais vous dire pourquoi

D’abord que cet objectif doit être planétaire.

En tant que socialistes nous ne pouvons être heureux sur notre îlot de richesse perdu au milieu d’un océan de misère. Vous le savez bien.  Malgré les difficultés que nous rencontrons dans notre pays, il faut reconnaître que nous sommes les plus favorisés. 

Quand le soir à 20 heures au moment ou nous quittons la table familiale, un petit squelette ambulant affamé traverse la lucarne magique cherchant une improbable nourriture nous ne sommes pas très à l’aise et si nous le pouvions nous lui donnerions bien volontiers à travers l’écran de quoi de pas mourir tout de suite.

Alors là je dis : « Soyons égoïste, partageons ! »

Si nous ne partageons pas, nous ne pourrons empêcher ceux qui meurent de faim de franchir les mers et les océans sur des embarcations de fortune en risquant leur vie pour espérer trouver en Europe les miettes de notre abondance. C’est humain et nous le ferions nous mêmes si nous étions dans ce cas. Si nous ne vouons pas que ces miséreux rejoignent les rangs des terroristes, il faut que nous les aidions, sinon ils auront nous le rappeler autrement.

La terre est un village que nous le voulions ou non. Et tout ce qui se passe à l’autre bout de la planète a des conséquences quasi immédiates sur notre vie de tous les jours.

Qu’il s’agisse de l’air, de l’eau, des épidémies, de l’économie, de la finance, du terrorisme de la démographie etc etc.

La centrale de Tchernobyl explose et 3 semaines plus tard nos laitues sont radioactives.

Nous rejetons nos déchets dans l’Escaut et c’est le port d’Anvers qui est pollué.

Les américains consomment la moitié de l’essence du monde et c’est la calotte glaciaire qui fond. On travaille 12 heures par jour dans la banlieue de New Delhi pour préparer la prochaine foire à 1€ de votre hyper marché . La grippe aviaire est née en Chine et tue les poulets en Hollande. La reprise traîne en France parce qu’il y a eu des ouragans aux Etats Unis. Et que signifie le contrôle des naissances en Chine si on encourage les naissances ailleurs ?

Il est évident que tous les problèmes capitaux qui se posent à nous d’une façon urgente aujourd’hui  ne pourrons trouver leur réponse qu’à l’échelle mondiale. D’ou la nécessité d’avoir une Europe forte. Et nous espérons que les nombreuses institutions internationales sont les prémisses d’une prochaine république mondiale dont les fonds baptismaux pourraient être l’Internationale Socialiste que l’on entend vraiment trop peu.

La terre est un village et les capitalistes l’ont compris depuis déjà longtemps. Ils se jouent des politiques des différents pays. S’ils ne leur conviennent pas ils vont ailleurs. Le monde politique qui se devrait de tempérer leur volonté toujours plus grande d’amasser pour amasser,  se heurte aux disparités des législations et leur pouvoir est faible. Alors brandissons contre la mondialisation capitaliste l’internationale socialiste.

Un utopiste : Victor Hugo à la fin du siècle dernier appelait de ses vœux la naissance d’une Europe telle qu’elle existe maintenant. Il rêvait lui aussi. Il n’appartenait pas à section. Il aura fallu deux guerres mondiales et des dizaines de millions de morts pour atteindre ce résultat. Il me semble que l’histoire se serait satisfaite d’un raccourci.

C’est un nouveau raccourci que nous voulons proposer.

Vous me disiez tout à l’heure que ce n’est pas à quinze que nous allons faire tout ce travail.

C’est vrai.

Nous ne prétendons pas y parvenir seuls, l’aide de chaque personne convaincue que c’est un noble et beau projet, sera nécessaire. Et nous pensons que c’est parce que ce projet est simple et intelligible par tous même par les enfants, qu’il peut rendre l’espérance.

Vous tous mes camarades, vous tous mes amis puisque vous avez tenu à être présents ce midi c’est que vous êtes prêts à participer à cette tâche. Néanmoins, vous êtes dubitatifs quant à la bonne volonté des autres. Soyez rassurés. Pour peu que le meilleur d’entre nous s’adresse à eux et sache le leur demander, toutes et tous se lèveront et marcheront à ses côtés  pour accomplir ce grand dessein. Soyez rassurés, ils sauront reconnaître qui est le porteur du vrai projet.

Les propos qu’on leur tient habituellement au cours des campagnes électorales ont tendance à les recroqueviller et à les rendre moins grands. Elles ne sont pas à la hauteur de leur espérance.

(Je me souviens d’une victime des inondations de la somme, il y a quelques années, lors d’un reportage à la télévision, qui réclamait la démission de Lionel Jospin  parce les flots avaient envahies sa maison.)

Alors qu’au contraire, au sortir d’un meeting surtout s’il est socialiste, on doit se sentir plus grands, plus forts, pour aller vers l’avenir que l’on construira.

A ceux qui prétendent que les français ne sont pas prêts à entendre ce discours, et qu’ils faut aller dans le sens du vent pour obtenir leur suffrages,  il faut leur répondre que les grandes campagnes de générosité organisées auprès de la population rencontrent un succès toujours grandissant. Les sommes récoltées chaque année battent immanquablement le record de l’année précédente. Qu’il s’agissent des restos du cœur lancés il a y a 20 ans par notre ami Coluche, les pièces jaunes de Bernadette,  le téléthon  et plus récemment encore l’immense collecte mondiale pour venir en aide aux victimes du raz de marée de l’océan indien.  Les femmes et les hommes sentent bien confusément que l’avenir ne pourra se construire qu’au niveau de la planète. 

Ce projet peut aussi rendre l’espérance dont les français sont privés. Qui pourrait dire que ce projet n’est pas enivrant ?

Lors de la campagne dans le cadre du référendum, vous vous souvenez  de la prestation de Chirac devant les 80 jeunes. Il fut étonné de leur manque de combativité, de leur peur en l’avenir, de leur désespérance. « N’ayez pas peur » leur a t-il dit. Le Pape avait dit la même chose quelques semaines plus tôt. Ces injonctions qui se voulaient rassurantes ont au contraire révélé cette inquiétude. Ils pensent que l’avenir est incertain et qu’il leur échappe. Dans un tel état d’angoisse, il n’est plus question de futures conquêtes mais des acquis à protéger. Tout changement apparaît comme suspect à priori. C’est une société qui préfère dire non plutôt que de prendre le risque de dire oui . Dire oui c’est risquer de se tromper. Cette peur porte en elle le risque de l’immobilisme. C’est pour cela qu’une majorité des 8O jeunes souhaitaient devenir vite fonctionnaires.

Si nous baignons dans un tel état, c’est que le futur n’apparaît pas comme très rassurant surtout si l’homme continue dans cette voie.

Au lendemain de la guerre nos parents étaient plein d’espoir. Ils pensaient que les difficultés et le malheur étaient derrière eux. La reconstruction du pays était leur seule préoccupation. Leur pouvoir d’achat augmentait petit à petit et leur a permis d’acheter une année le réfrigérateur, la suivante la télévision et plus tard la première automobile. Les promesses de l’avenir semblaient infinies et le bonheur à leur portée. Pourtant nous étions globalement trois fois moins riches qu’aujourd’hui.

Qu’est-ce qui a changé. ?

Nous savons maintenant que les ressources de notre terre sont limitées. Et que si tous les hommes de cette terre voulaient jouir du même confort que nous, ce qui n’est que très légitime, il faudra trouver l’équivalent en énergie de 3 ou 4 terres.  Les problèmes que rencontre l’humanité mettent sa survie en péril. Et nos concitoyens le savent . Ils se rendent compte que nos petits problèmes de retraite, d’inflation, sont certes très importants au quotidien mais ne résistent pas à une analyse plus globale. A quoi sert-il de se battre pour sa retraite si nous ne pouvons plus nous promener sans masque à oxygène sur le visage, à quoi sert-il d’exiger une bonne école pour nos enfants si nous ne sommes pas sûr qu’ils puissent encore de baigner dans la mer ?  Voilà selon nous ce qui rend les gens moroses.

 

(C’est un peu comme si dans un bateau nous discutions pour déterminer la couleur de notre cabine alors que nous fonçons vers les rochers.)

Certes, le parti socialiste se doit de répondre aux préoccupations des français dans leur vie quotidienne, mais aussi et surtout de leur proposer un grand dessein car, un grand peuple ne supporte pas longtemps d’être privé d’un grand projet : ce doit être l’ambition du parti socialiste que de lui en offrir un.

Ce projet doit pouvoir être compris de tous et même des enfants.

Les enfants sont aujourd’hui bombardés d’informations contradictoires et terriblement déstabilisantes. La télévision  leur apporte  chaque jour des images de violence, de misère alors que sur la chaîne voisine on explique au gens trop bien portants comment perdre des kilos pour être présentable sur la plage, ou encore comment les milliardaires américains sont contraints de se retrancher dans des lotissements gardés  par des hommes en armes afin de pouvoir jouir de l’argent qu’ils ont amassé.

Le monde tel qu’il le perçoivent soulèvent des questions.

Il faudrait que nous soyons nous socialistes en mesure de leur apporter des explications mais surtout de les persuader que grâce au parti socialiste et aux solutions qu’il préconise et pour peu que ses idées se répandent dans le monde tant elle seront justes et belles que le monde sera bientôt meilleur et que chaque femme, que chaque homme de cette planète pourra vivre dans la dignité, que chaque femme que chaque homme de cette planète pourra manger à sa faim et boire à sa soif, que chacun pourra vivre en bonne santé et en toute sécurité. Que chacun aura bientôt un toit pour abriter sa famille, que tous les enfants recevront l’instruction afin qu’ils puissent ensuite participer au bien être de l’humanité en laissant derrière eux une terre propre, un air pur, une eau saine.

Voilà le vœux de notre section.

C’est notre vœux le plus cher. Il est résumé dans le drapeau que je vais découvrir maintenant. 

                                                                Jean

Paul Carsel

                                                                     9  octobre 2005

                                                                      Bouchain

Posté par PSBOUCHAIN à 15:16 - DRAPEAU DE LA SECTION - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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